Le vendredi de la biodiversité à Villennes-sur-Seine : le Lapin

Ce qu’on aime chez moi, c’est moi tout entier parce que je suis duveteux et mignon, fragile et accessible.

Au cours de l’histoire, et malgré ma timidité, vous m’avez donné beaucoup de significations positives: la fertilité, la créativité, un symbole d’abondance.

Mais pour moi, tout est source de crainte, il faut dire que je suis une proie facile et en dehors de ma promptitude à la fuite, je n’ai pas beaucoup d’armes.

Quand quelque chose me fait peur, je me fige comme une statue, immobile et sans respirer, je m’écrase au sol pour échapper au regard.
Mon cœur bat violemment, les poils sur ma peau se dressent ; et mes muscles superficiels frissonnent.
Du fait du changement de mon rythme cardiaque, ma respiration s’accélère. On appelle ça, le réflexe d’inhibition, que vous avez aussi parfois.
C’est un réflexe de stress ancien, commun à tous les mammifères et qui vient après les réflexes de fuite et de lutte.

Moi, la lutte, c’est pas mon fort et la fuite n’est pas toujours possible alors parfois, je me fige et j’attends que la menace passe.

Ici, nous partageons le terrier avec un clan de renards. Il faut dire que nous sommes des bâtisseurs; notre logis est vaste sur plusieurs dizaines de mètres de galeries, il a de nombreuses entrées.

C’est un échange de bons procédés car cette association est bien claire: nous fournissons le gîte et les renards fournissent une forme de protection.
Non seulement ils ne nous attaquent pas mais les marques olfactives qu’ils laissent autour du terrier indiquent aux autres renards que la place est prise, c’est le moyen pour éliminer un des plus gros prédateurs.

Dans le terrier, c’est chacun chez soi et à l’extérieur, nous évitons tout de même de les croiser, il ne faut pas tenter le diable non plus.

Mais globalement, cet accord, nous permet de vivre avec un peu moins de menaces et nous profitons des herbes
grasses du matin.

Partager l'article

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
A lire

Poursuivre votre lecture