Le vendredi de la biodiversité à Villennes-sur-Seine : le Martin-Pêcheur / Episode 3

Certains pensent qu’en quittant l’arche de Noé, Dieu nous a fait don de la couleur orangée sur notre torse, reflet du soleil couchant sur l’océan, et de la couleur bleue sur notre dos, rivalisant avec les promesses du ciel. 

Mais je préfère la première histoire que vous avez raconté, celle des Grecques ; elle est plus badass!

Elle raconte que nous sommes les enfants d’Éole, dieux des vents et de Ceyx, fils de l’astre du jour. Le couple fait ombrage à Zeus et Héra qui les punissent en les transformant en oiseaux dont le nid, construit sur les flots, est constamment détruit par les vagues. 

Jupiter, faisant preuve de compassion, calme les eaux sept jours par an, ce qui permet au couple de couver ses œufs. Je deviens ainsi symbole de paix et de tranquillité… mais de courte durée. N’en est-il jamais autrement?

Nous formons des couples en hiver et creusons le nid sur la berge sablonneuse de la Seine. Il s’agit d’une galerie rectiligne et légèrement ascendante. Nos œufs sont pondus à même le sol dans la chambre parentale, à l’abri de l’humidité.  

Chez nous, pas de sexisme, nous pêchons et nourrissons nos petits tous les deux, en continu pendant 3 semaines.
Ensuite, nous soufflerons un peu puis nous aurons une seconde portée. 

La descendance assurée, nous reprendrons chacun notre route, beaux oiseaux solitaires et profondément territoriaux. 

Qui sait, peut-être nous retrouverons-nous l’année prochaine, écopant ensemble la punition divine de notre beauté insolente…

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